Les bioplastiques : moteurs de la transformation de l’industrie chimique

Par Hao Ding, directeur du marketing mondial chez TotalEnergies Corbion

Les plastiques jouent un rôle essentiel dans la vie moderne — des emballages aux textiles, en passant par la construction, la santé et la mobilité — en garantissant efficacité, sécurité et confort. Alors que le monde s’oriente de plus en plus vers une réduction des émissions et une économie circulaire, les bioplastiques s’imposent comme la prochaine évolution des plastiques : des matériaux qui offrent les mêmes performances éprouvées tout en proposant des solutions renouvelables, à faible empreinte carbone et circulaires.

Même si les bioplastiques ne représentent actuellement qu’environ 1 % de la production mondiale de plastiques, leur essor est indéniable. Au sein du secteur des bioplastiques, le PLA (acide polylactique) se distingue : il s’agit d’un polymère 100 % biosourcé, recyclable et compostable, fabriqué à partir de ressources renouvelables telles que la canne à sucre.

Lors du salon K 2025 à Düsseldorf — le plus grand salon mondial dédié aux plastiques et au caoutchouc —, les discussions ont porté sur la véritable transformation déjà en cours. Sous le thème « The Power of Plastics : Green, Smart, Responsible », Thomas Philipon, PDG de TotalEnergies Corbion, a participé à l’Expert Talk de Plastics Europe pour explorer comment les bioplastiques redéfinissent le secteur et pourquoi la collaboration est la clé pour amplifier leur impact.

Se développer de manière responsable : croissance, régions et politiques

La production mondiale de biopolymères s’élève à environ 4 millions de tonnes, soit à peine 1 % des 400 millions de tonnes de plastiques fabriqués chaque année. Pourtant, cette petite part recèle un potentiel considérable. La transition vers les matériaux renouvelables est déjà en marche — application par application —, créant de nouvelles capacités, des modèles économiques circulaires et un écosystème plus harmonisé.

L’un des principaux atouts du PLA réside dans la flexibilité de ses matières premières. L’acide lactique — composant de base du PLA — peut être produit à partir de diverses ressources renouvelables disponibles localement, telles que la canne à sucre, le maïs ou d’autres cultures riches en glucides. Cette polyvalence permet le développement de l’industrie partout où les matières premières adaptées et la demande du marché se rencontrent, favorisant ainsi une croissance responsable et adaptée à chaque région, ainsi que des chaînes de valeur locales résilientes qui soutiennent un écosystème mondial des plastiques plus durable.

L’Asie est en tête grâce à des investissements importants, à la sensibilisation des consommateurs et à l’action des pouvoirs publics — en particulier en Chine, où l’objectif de neutralité carbone fixé pour 2060 stimule une expansion à grande échelle du PLA. L’Europe, quant à elle, continue d’orienter la demande du marché par le biais de la réglementation. En Italie, les plastiques certifiés compostables sont pleinement intégrés au système de gestion des déchets organiques — un exemple clair de la manière dont la politique et l’innovation peuvent agir de concert pour boucler la boucle.

Ensemble, ces exemples montrent comment les politiques, l’innovation et les écosystèmes régionaux peuvent se renforcer mutuellement, prouvant ainsi que lorsque des objectifs clairs en matière de développement durable sont fixés, l’industrie des plastiques y répond par des solutions circulaires et évolutives.

Les déchets sous un autre angle

Une question revient souvent : l’utilisation de cultures pour fabriquer des bioplastiques pourrait-elle entrer en concurrence avec la chaîne alimentaire ? Si la sécurité alimentaire est un enjeu complexe et multiforme, influencé par la distribution, l’accès et le pouvoir d’achat, la part de la production agricole utilisée pour les bioplastiques est extrêmement faible : la production de bioplastiques comme le PLA ne mobilise aujourd’hui qu’environ 0,013 % des terres agricoles mondiales.

À l’inverse, un tiers de toute la nourriture produite dans le monde n’atteint jamais l’assiette de quiconque. Si les terres associées à ces aliments non consommés étaient mieux exploitées, les ressources seraient plus que suffisantes pour répondre à de multiples besoins, y compris la production de bioplastiques.

De plus, la majeure partie de ces denrées non consommées finit dans des décharges, générant environ 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre — soit presque autant que les gaz d’échappement de l’ensemble des voitures et camions réunis chaque année. En libérant et en utilisant ces terres de manière responsable, nous pouvons à la fois garantir la sécurité alimentaire et favoriser la production de matériaux renouvelables, créant ainsi des solutions qui réduisent les déchets et les émissions tout en contribuant à une économie circulaire. Cela démontre qu’il est possible de développer des matériaux durables et à faible empreinte carbone sans compromettre la sécurité alimentaire.

Repousser les limites du possible

« Si vous avez entendu parler du PLA et que vous pensez savoir où il est utilisé, oubliez tout cela. Nous sommes allés plus loin. Nous pouvons désormais faire bien plus avec le PLA », a déclaré Thomas Philipon, PDG de TotalEnergies Corbion.

Le PLA a largement dépassé le stade des articles jetables destinés à la restauration. Aujourd’hui, sa polyvalence stimule l’innovation dans un large éventail de secteurs :

  • Impression 3D : matériau de référence dans la fabrication additive, offrant une vitesse d’impression supérieure et une finition de surface de haute qualité.
  • Non-tissés : du PLA à haute fluidité conçu pour le procédé de fusion-soufflage, utilisé dans les médias filtrants et les lingettes.
  • Emballages rigides : PLA à haute résistance à la fusion (EPLA, XPLA) pour des applications légères et expansées, avec une empreinte carbone réduite.
  • Fibres et textiles : permet le développement de vêtements biosourcés et de tissus haute performance.
  • Automobile et composites : ils apportent une innovation renouvelable aux applications techniques et durables.

L’industrie des bioplastiques est encore jeune, mais elle évolue rapidement. Tout au long de la chaîne de valeur, les entreprises collaborent pour rendre les bioplastiques plus performants, plus durables et plus accessibles à grande échelle, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour des matériaux circulaires et à faible empreinte carbone.

Comme l’a souligné Thomas Philipon : « Il y a des problèmes, certes, et nous devons en parler. Mais nous devons aussi tirer parti de la valeur déjà disponible aujourd’hui. Nous avons des solutions. Utilisons-les.

Construire un avenir plus intelligent et plus durable

L’avenir des plastiques ne consiste pas à remplacer un matériau par un autre, mais à construire un système plus intelligent et plus équilibré, alliant carbone renouvelable, conception circulaire et hautes performances.

Chez TotalEnergies Corbion, nous sommes convaincus que les bioplastiques comme le PLA Luminy® jouent un rôle essentiel dans cette transformation — preuve que l’industrie des plastiques peut évoluer tout en préservant ce qui fait son caractère indispensable : l’innovation, la polyvalence et l’impact.

Regardez l’intégralité de la conférence d’experts sur les bioplastiques

Intervenant/Animateur* : Prof. Thomas Müller-Kirschbaum*, directeur scientifique (Circular Valley)

Mathias Leimbrink, responsable de l’analyse du cycle de vie (Covestro)

Thomas Philipon, PDG (TotalEnergies Carbion)

Belén Monje Martínez, responsable du pôle « Chimie durable » (AIMPLAS)

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