Soutenir la neutralité carbone du secteur de l’emballage d’ici 2050

Le point sur le nouveau règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages (PPWR)

La Commission européenne travaille sans relâche à l’amélioration de la circularité des emballages et à la réduction des déchets d’emballages. Quel est l’impact du nouveau règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) sur le secteur de l’emballage ? Comment ce secteur peut-il s’adapter à un avenir durable ? François de Bie, directeur marketing senior, et Paolo La Scola, responsable des affaires publiques, répondent à quelques questions qui nous permettent de faire le point sur la mise en œuvre récente du PPWR.

Quel est le champ d’application du PPWR ?

François – La révision de la directive relative aux emballages et aux déchets d’emballages vise à harmoniser la législation européenne. Elle couvre tous les matériaux, y compris le plastique, utilisés dans les applications d’emballage. Son objectif est de réduire les déchets plastiques issus des emballages en mettant l’accent sur les principes de réduction, de réutilisation et de recyclage. Il semble actuellement qu’une version finale pourrait être adoptée dès 2024, mais comme toujours, dans le cas des réglementations européennes, le processus législatif ne suit pas un calendrier fixe. La dernière proposition de directive PPWR ayant été rendue publique, le moment est venu d’examiner certains aspects clés de cette proposition.

Paolo – Pour compléter ce que dit François, il faut ajouter que ce texte législatif s’inscrit dans le cadre d’une politique plus large de la Commission européenne : le Plan d’action pour l’économie circulaire, dont l’objectif global est de promouvoir la transition vers une économie circulaire, de réduire la pression sur les ressources naturelles et de créer une croissance durable et des emplois.

Que signifie la proposition de directive relative aux déchets (PPWR) pour les plastiques et les plastiques biosourcés ?

Paolo – L’objectif principal est d’améliorer la circularité et de prévenir la production de déchets. Dans la version actuelle, on constate que l’accent est fortement mis sur les objectifs de recyclage et de réutilisation. La directive actuelle encourage cette démarche de deux manières :

1) pour tous les emballages en plastique mis sur le marché, il faut démontrer qu’ils peuvent être recyclés à grande échelle et que le recyclage proprement dit (c’est-à-dire la collecte, le tri, le nettoyage, le retraitement et la réutilisation) est effectivement mis en œuvre à une échelle technico-économique.

2) Par ailleurs, afin de stimuler la demande en plastiques retraités, de nombreuses applications doivent contenir un pourcentage minimum de matière recyclée. Pour les bouteilles, par exemple, elles devront contenir 30 % de matière recyclée d’ici 2030, et 50 % d’ici 2040.

La directive actuelle ne prévoit pas de soutien spécifique pour les matériaux biosourcés. Cela est regrettable, car nous devons effectivement opérer la transition vers une société neutre en carbone et réduire notre dépendance aux combustibles fossiles. C’est pourquoi nous plaidons, directement et par l’intermédiaire de nos associations professionnelles (European Bioplastics), en faveur de l’inclusion d’un objectif de teneur en matériaux biosourcés qui pourrait compléter l’objectif de teneur en matériaux recyclés.

Qu’est-ce que cela signifie pour les plastiques compostables ?

Paolo – La directive PPWR reconnaît enfin l’intérêt de rendre certaines applications compostables. Depuis des années, les « sachets de thé et capsules de café » fabriqués à partir de plastiques traditionnels polluent les flux de déchets organiques avec des plastiques non biodégradables. Rendre ces sachets de thé et ces capsules de café compostables de manière obligatoire permettra enfin de résoudre ce problème.

François – Certains pays mettent déjà cette mesure en œuvre ; aux Pays-Bas, par exemple, les sachets de thé certifiés EN 13432 peuvent être jetés dans la poubelle des déchets organiques. Plus de 95 % de tous les sachets de thé vendus aux Pays-Bas sont déjà conformes à cette réglementation.

Quelles solutions TotalEnergies Corbion propose-t-elle ?

François – Pour les applications devant obligatoirement être compostables, nous proposons les produits Luminy® certifiés pour le compostage industriel. Pour les applications où l’accent est mis sur le recyclage mécanique ou avancé, nous proposons Luminy® PLA, qui est entièrement recyclable sur le plan mécanique et chimique. Pour les applications qui doivent comporter un certain pourcentage de matière recyclée lors de leur mise sur le marché, nous proposons notre gamme Luminy rPLA, qui contient de la matière recyclée certifiée par un organisme tiers. Dans tous les cas, nous proposons un matériau biosourcé certifié à 100 %, dont l’empreinte écologique est nettement inférieure à celle des plastiques conventionnels.

Paolo La Scola a rejoint TotalEnergies Corbion en 2021 et est responsable des affaires publiques pour l’Union européenne ; à ce titre, il dirige les activités mondiales de plaidoyer. Il travaille dans le secteur des bioplastiques depuis plus d’une décennie, où il s’est spécialisé dans la législation environnementale, le cadre réglementaire de la R&D et la communication d’entreprise.

Passionné par la technologie des polymères, François de Bie accompagne le secteur dans sa transition vers des pratiques durables. En tant que directeur senior du marketing et de la chaîne d’approvisionnement chez TotalEnergies Corbion, s’adapter au nouveau paradigme du plastique, notamment aux nouvelles législations et à la transition des propriétaires de marques, constitue le quotidien de François.

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