Gestion des déchets : le succès du compostage industriel en Italie
GORINCHEM, Pays-Bas, le 27 novembre 2024 – L’Italie a transformé son approche de la gestion des déchets organiques, passant d’une forte dépendance vis-à-vis des décharges à des techniques avancées de compostage et de production de biogaz. Cette évolution, qui trouve son origine dans le décret Ronchi de 1997, a incité les communes à mettre en place des systèmes efficaces de collecte des déchets et à promouvoir le compostage comme alternative durable. Aujourd’hui, avec plus de 300 installations de compostage réparties dans tout le pays, l’Italie est à l’avant-garde des efforts européens en matière de compostage, servant d’exemple en matière de réduction des émissions de carbone et de valorisation des déchets organiques.
Le succès de l’Italie montre comment l’investissement et l’engagement en faveur d’infrastructures de compostage de pointe peuvent permettre d’atteindre des objectifs environnementaux et économiques, constituant ainsi un exemple de bonne pratique pour d’autres pays. En passant des décharges au compostage et à la production de biogaz, l’Italie démontre qu’un modèle de gestion durable des déchets est à portée de main.
Le système de compostage italien favorise également le recyclage des plastiques compostables, notamment les revêtements, les sacs et les emballages. Cette capacité permet l’intégration de bioplastiques compostables, tels que la gamme Luminy® PLA de TotalEnergies Corbion, conçue pour se décomposer dans des installations de compostage industriel. Cette adéquation avec les pratiques italiennes de gestion des déchets souligne l’importance des bioplastiques pour favoriser l’économie circulaire et réduire les déchets plastiques traditionnels.
Un système circulaire en boucle fermée
En traitant les déchets organiques par voie aérobie plutôt que de les laisser se décomposer dans des décharges, le système de compostage italien réduit considérablement les émissions de méthane – un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO₂.
Un rapport publié en 2022 par l’Agence nationale italienne pour les nouvelles technologies, l’énergie et le développement économique durable (ENEA) a révélé que les efforts de compostage de l’Italie avaient permis d’éviter plus d’un million de tonnes d’émissions en équivalent CO₂ en une seule année. Le compost produit enrichit les sols et réduit le recours aux engrais chimiques, créant ainsi un système en circuit fermé qui profite à l’agriculture et limite l’impact environnemental.
Cette transition a été renforcée par le Plan national italien de gestion des déchets, qui impose des objectifs stricts en matière de réduction des déchets et de valorisation des matières organiques. Ces initiatives ont fait de l’Italie une référence en matière de compostage, des villes comme Milan et Trévise affichant des taux de collecte des déchets organiques exemplaires.
L’infrastructure de compostage italienne va désormais au-delà des méthodes traditionnelles, en intégrant des étapes de pré-digestion pour capter le biogaz avant de transformer les matières restantes en compost. Ce processus en deux phases permet non seulement la production de biométhane, une source d’énergie renouvelable, mais fournit également un engrais organique solide de haute qualité. Le compost issu de ces installations est plus facile à gérer, à stocker et à commercialiser, ce qui s’inscrit dans les objectifs de l’Italie visant à améliorer l’efficacité des ressources et à réduire l’impact environnemental.
De la mise en décharge à l’innovation en matière de compostage
Dans toute l’Europe, près de 75 % des biodéchets finissent encore dans des décharges ou sont incinérés, ce qui représente une occasion manquée de valoriser ces ressources, selon le Bio-based Industries Consortium. L’exemple de l’Italie démontre que combler cette lacune est non seulement réalisable, mais aussi source de transformation pour l’environnement et l’économie.
En vigueur depuis le 1er janvier 2024, la directive-cadre sur les déchets impose à toutes les communes de l’UE de mettre en place des systèmes de collecte sélective ou de recyclage des biodéchets. Ces systèmes peuvent inclure la collecte porte-à-porte, des points de dépôt centralisés ou des solutions localisées telles que le compostage communautaire ou domestique. En se conformant à ces exigences, les communes réduisent non seulement leur dépendance vis-à-vis des décharges, mais renforcent également leurs efforts en matière de valorisation et de recyclage des déchets organiques.
En continuant à innover et à investir dans des solutions d’infrastructure durables, l’Italie nous montre qu’il est possible de concilier responsabilité environnementale et progrès économique ; une approche que d’autres pays peuvent et doivent imiter pour créer un avenir plus circulaire et plus durable.